MA CARTE D’IDENTITÉ
Nom botanique : Aquilaria spp.
Famille : Thymelaeaceae
Sexe : masculin
Origine : Asie du Sud et du Sud-Est (Inde, Cambodge, Vietnam, Laos, Chine)
Provenance : plantations et forêts naturelles (principalement Asie du Sud-Est)
Taille : jusqu’à 30 à 40 mètres
Partie utilisée : bois de cœur résiné (bois d’agar)
Type d’extraction : distillation à la vapeur d’eau du bois infecté
Couleur et aspect de l’huile essentielle : brun foncé à noir, huile dense, visqueuse, parfois légèrement trouble
Chémotype : Agarospirol, Jinkoh-eremol, Guaïols…

ON M’AIME POUR...
Ma profondeur boisée, sombre et vibrante, aux facettes animales, fumées, cuirées, balsamiques, parfois légèrement fermentées, aux nuances fromagères, et aux notes inattendues de laine de mouton, à la frontière du propre et de l’impur.
Une matière texturée, presque mystique, qui intrigue autant qu’elle fascine.
ET MOI J’AIME
Les climats chauds et humides où je prends naissance lentement, lorsque l’arbre est blessé et développe, en réaction, une résine sombre et odorante qui me donne vie.
SIGNES PARTICULIERS
Je ne suis pas présent dans tous les arbres : je me forme uniquement lorsque certaines espèces d’Aquilaria sont infectées par des micro-organismes (champignons ou bactéries).
En réponse, l’arbre produit une résine protectrice qui imprègne progressivement le bois, le transformant en une matière dense et précieuse.
Rare et imprévisible, mon apparition dépend du temps, de l’environnement et du type d’infection. Mon profil olfactif varie considérablement selon mon origine : plus animal et puissant en Inde, plus doux et balsamique en Asie du Sud-Est.
Capricieux et coûteux, je fais partie des matières premières les plus convoitées au monde.

SÉQUENCE CULTURE
Surnommé tantôt bois des dieux, agar, gaharu ou calambac, le oud est utilisé depuis des millénaires en Asie et au Moyen-Orient. Brûlé comme encens, il accompagne rituels religieux, méditation et cérémonies. Mentionné dans de nombreux textes anciens, il demeure aujourd’hui un symbole de spiritualité, de raffinement et de profondeur.
OUD : UNE MATIERE RADICALE EN PARFUMERIE DE NICHE
En parfumerie contemporaine, le oud s’impose comme une matière de caractère, loin d’une simple note boisée. Puissant, texturé, parfois déroutant, il structure les compositions et leur donne une dimension presque physique.
Dans la majorité des créations actuelles, le oud est le plus souvent interprété à travers des accords reconstruits, associant fractions naturelles, huiles essentielles (gurjum, cypriol…) et molécules de synthèse.
Cette approche permet d’en maîtriser la puissance, d’en explorer les multiples facettes fumées, animales, sèches ou balsamiques et d’ouvrir la voie à des écritures olfactives plus libres.
Chez Maie Piou, le oud est volontairement déplacé hors de ses codes traditionnels. Il devient une matière de contraste, un terrain d’expression où s’entremêlent tension, décalage et émotion.
Parmi la vingtaine d’espèces d’Aquilaria (Aquilaria malaccensis, Aquilaria sinensis…), j’ai choisi l’une des plus précieuses et recherchées : Aquilaria crassna.
BON À SAVOIR
Face à la surexploitation des arbres sauvages, certaines espèces comme Aquilaria malaccensis sont aujourd’hui protégées (CITES).
Le oud utilisé en parfumerie provient de plus en plus de plantations contrôlées, où l’infection est parfois induite afin de favoriser la production de résine.
LE MOT DE JEAN-CHARLES SOMMERARD
« Le oud m’a toujours fasciné par sa radicalité. C’est une matière brute, belle dans sa complexité, qui révèle et affirme une présence, comme une prise de position.
Au cœur de mes créations, je n’ai jamais voulu le traiter comme un symbole figé ou un simple marqueur de luxe. Je préfère le valoriser autrement et le conduire vers des univers inattendus.
Dans BANANA OUD, j’ai cherché à casser ses codes en le confrontant à une note de banane enfantine, très années 80, qui vient troubler sa profondeur et le rendre plus atypique, et surtout plus fun. Un ovni olfactif qui flirte entre l’insouciance, une facette fruitée gourmande, puis une intensité bestiale.
Avec OUD BAGUETTE j’ai voulu aller encore plus loin dans le décalage, en l’inscrivant dans un imaginaire quotidien. Le oud y devient une texture, une structure, un trait d’union entre deux cultures : l’extravagance de Dubaï et les belles traditions à la française.
Entre nous, le oud n’est jamais sage. C’est une matière vivante, imprévisible, qui ouvre un champ d’expression infini. »

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